Le bois energie une véritable opportunité de ressource

Alors que l’hiver s’invite encore à nos portes, nous obligeant à rallumer périodiquement nos chauffages, nous vous proposons de découvrir les rouages et éléments clés de la première énergie renouvelable en France : le bois.

Les différents usages du bois énergie.

Si l’exploitation forestière est souvent associée à la production de papier ou à la transformation du bois pour la construction notamment, on pense plus rarement à son usage en tant qu’énergie.  Bien sûr, on peut évoquer les traditionnelles bûches qui alimentent nos cheminées et autres poêles à bois, mais le bois énergie ne se résume pas à cette seule forme de combustible.

Il existe  donc différents processus de transformation du bois qui vont permettre de valoriser cette ressource au delà de sa simple découpe et utilisation en bois bûche, apportant qui plus est de nombreux avantages.

Tout d’abord, ils permettent un meilleur confort d’utilisation. Nous sommes loin des inconvénients auxquels on associe habituellement le chauffage au bois. Pas d’odeur, pas de fumée résiduelle, pas besoin de surveillance constante. De nos jours, les systèmes de chauffage bois sont souvent automatisés, même pour les particuliers.

On retrouve ainsi des chaudières qui sont auto-alimentées par le combustible en question, ce qui offre un usage similaire à ce que permet une chaudière au fioul ou au gaz.

Par ailleurs, le rendement est souvent bien meilleur, qu’il soit considéré d’un point de vue calorifique, environnemental ou financier. Car la ressource bois est neutre en terme de production de CO2, dans la mesure où ce qu’elle dégage lors de sa combustion, a d’abord été absorbé lors de sa phase de vie.

Une véritable opportunité de valorisation des déchets du bois.

75 % de déchets sont produits lors de la transformation d’un arbre.

Le bois énergie représente une réelle opportunité de valorisation des déchets du bois dans une logique de gestion forestière et de développement durable, en offrant des solutions énergétiques performantes. On peut quasiment récupérer la totalité des déchets produits, à l’exception de ceux qui ont reçu un traitement spécifique, et qui peuvent générer des dégagements toxiques.

Si l’une des principales utilisations de ce bois – combustible sert au chauffage par dégagement de chaleur immédiat, il existe pourtant d’autres manières de l’utiliser. Bien sûr, les chaufferies traditionnelles produisent de la chaleur qui est ensuite diffusée vers de équipements collectifs, permettant de chauffer plusieurs dizaines de bâtiments par unité de production.

Une autre façon de valoriser cette ressource consiste à produire de la vapeur pour le secteur industriel ou utiliser la chaleur dégagée pour des actions de séchage. Enfin, le bois permet de produire de l’électricité, même si sur ce dernier point, le rendement est encore trop faible pour prétendre à une mono activité. On parle donc en général de cogénération d’énergie, la production de chauffage permettant par exemple aussi de produire de l’électricité.

Autre idée reçue que l’on entend souvent lorsque l’on évoque le bois-énergie, celle du renouvellement de la forêt que l’on pense épuiser par ce type d’exploitation. Or, aujourd’hui en France, le renouvellement naturel de la forêt est supérieur à ce que l’on en exploite. De surcroit, la forêt possède un cycle de renouvellement de 15 à 200 ans lorsque l’on atteint près de 450 millions d’année quand on parle d’énergies fossiles.

Par ailleurs aujourd’hui, certains producteurs comme les coopératives forestières (qui sont les premiers producteurs de bois énergie industriel en France), récoltent ce que l’on appelle du « bois plus », c’est-à-dire du bois qui n’était pas valorisé jusqu’à présent. Ce système de production limite largement les risques de « trop prélever » en forêt et les conflits d’usage avec le bois industrie (notamment pour le papier ou les panneaux).

Granulés, plaquettes, écorces, sciures… De bons moyens de valoriser la matière première.

Car c’est bien de cela dont il est question, la valorisation. Les différentes techniques utilisées aujourd’hui permettent d’optimiser l’exploitation du bois en ce sens. Ainsi, les coupes d’entretien, les élagages, ou l’exploitation classique des forêts peuvent générer du déchet résiduel. C’est à partir de ces éléments de biomasse solide que l’on va réaliser les phases de transformation pour obtenir les combustibles désirés.

Les écorces sont utilisées brutes. Du fait de son volume et de son caractère rugueux qui emprisonne les particules non désirées, ce combustible est réservé aux unités collectives les plus puissantes. Son rendement n’est de surcroit, pas le meilleur.

Les sciures elles, issues des résidus de sciage, sont facilement stockables, et se classent en deux catégories. Sciures sèches et sciures humides, selon le type de bois dont elles sont issues.
Là encore, pour pouvoir prétendre à un rendement intéressant, il faut des matériels parfaitement adaptés pour éviter les déperditions, du fait de la très faible granulométrie de ces sciures.  Elles sont d’ailleurs parfois mélangées à un autre combustible pour améliorer leur performance énergétique.

Les plaquettes sont issues du déchiquetage des dosses. Ces pièces de bois découlent des passages des troncs du format rond à carré, ou lors des délignures pour épurer le bois. On les réalise aussi grâce aux chutes de tronçonnage, ou de menuiserie.
Provenant le plus souvent de bois sur pieds, elles possèdent un taux d’humidité relativement important qui demande de les faire « sécher » avant de les utiliser en combustible, pour en améliorer la performance. Elles peuvent être produites directement depuis la forêt ou en bord de route et être livrées dans la foulée auprès des chaufferies ; dans ce cas les produits possèderont un taux d’humidité relativement élevé.
Par leur régularité de forme et leur encombrement réduit, combinés à leur bon rendement, les plaquettes de bois sont aussi bien utilisées pour des chaufferies collectives qu’individuelles.

Les broyats de bois sont en général réalisés à partir de déchets de bois brut de moins bonne qualité, ou qui ont déjà été transformés (palettes, démolition, déchetterie). La contrainte dans cette technique est que le bois n’est pas débarrassé des éventuels constituants secondaires tels que fer, résidus de construction ou autre. Il faut donc un équipement très spécifique pour pouvoir l’utiliser, notamment avec des grilles mobiles de récupération de la matière résiduelle.

Les copeaux sont une autre forme résiduelle du bois, qui est essentiellement trouvée en menuiserie suite aux travaux de sciage, de ponçage ou d’usinage de pièces en bois. Ils sont par nature plus secs et ont un pouvoir de combustion élevé. Ils sont en outre légers et facilement transportables. Revers de la médaille, leur pouvoir de combustion élevé demande d’avoir un foyer adapté à faible inertie. Si ce n’est pas le cas, une surveillance plus accrue doit être effectuée pour éviter les surchauffes.

Enfin, dernier dérivé de bois brut utilisé en énergie, les granulés de bois. Ceux-ci, contrairement aux précédents, sont issus d’une opération supplémentaire afin de transformer l’aspect du combustible, qui est comprimé pour prendre cette fameuse forme de granulé.

L’avantage réel est que ce combustible est constant, avec un taux d’humidité bas, et une réelle facilité d’utilisation car il a été pensé pour cela. Il s’adapte très facilement aux outils de chauffage individuels, sans demander des investissements énormes. Pour autant, le fait de transformer le produit le rend plus coûteux que les autres, avec un prix pouvant doubler par rapport aux plaquettes.

Quelle que soit la forme et la technique de production, les produits du bois énergie issus de forêt permettent désormais d’apporter aux propriétaires forestiers, une valorisation de leur forêt.

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