Plan innovation forêt

Le 9 mai 2016 a été présenté au ministre Stéphane Le Foll un plan de recherche et d’innovation, issu de 4 mois de travail. La commission spécialement constituée pour l’occasion a présenté un rapport axé sur trois priorités, elles mêmes organisées autour de 13 projets de RDI et pas moins de 29 actions. Voici donc les grandes lignes de ces propositions qui concernent aussi bien l’amont que l’aval de la filière forêt-bois.

Trois grandes priorités pour gagner en performance

Première priorité : accroître les performances du secteur par des approches systèmes. Il s’agit là de mobiliser les outils et ressources nécessaires afin de pouvoir mesurer le niveau de performance de la forêt, notamment sur le volet environnemental. L’objectif étant de s’appuyer sur des indicateurs précis pour identifier les axes d’amélioration et imaginer les solutions correctives adaptées pour mieux intégrer la performance environnementale des produits de la forêt.

Deuxième priorité : développer les usages et nouveaux usages du bois dans une perspective bio-économique. Cet axe privilégie plus l’aval de la filière, dans la mesure où il concerne entre autres le bois-construction. En effet, le rapport stipule clairement qu’il faut « rendre le matériau bois et ses multiples produits dérivés, efficients et robustes du point de vue technique, environnemental et socio-économique. » L’objectif étant bien sûr de maintenir la profession et sa production compétitive, voire novatrice face aux nouvelles problématiques de développement durable dans les villes et plus particulièrement l’habitat collectif.

Troisième priorité : adapter la forêt et préparer les ressources forestières du futur. Ici l’attention a été portée sur les moyens d’anticiper les mutations que vont subir les forêts, d’un point de vue climatique notamment. Il s’agira donc d’étudier comment adapter les forêts à ce changement, comment les rendre plus résistantes, et surtout réfléchir et prévoir le renouvellement nécessaire des forêts françaises. Enfin il ne faudra pas oublier de mettre en place des moyens de surveillance de la biodiversité forestière pour en mesurer les évolutions et envisager les actions de sauvegarde éventuellement adéquates.

Un programme oscillant entre innovation et renforcement de l’existant.

Parmi les principales actions énoncées, certaines jouent totalement l’innovation, et d’autres s’appuient sur des éléments existants afin de les consolider. On peut ainsi citer la proposition de créer des « living labs territoriaux couplant production forestière, bioéconomie et services écosystémiques ». Un tel outil serait un accélérateur d’innovation évident. Un des autres aspects sur lequel insiste le rapport, la qualification. En effet, il met en avant le manque de cadres qualifiés, et le besoin de repenser la formation pour la rendre attractive et efficiente. Il est donc proposé de développer des outils d’e-learning, et d’imaginer de nouvelles formations plus adaptées aux enjeux de demain. Parallèlement, le rapport préconise de créer dès 2017 un observatoire des métiers et un club de formations dans les Grand Est et Grand Ouest.

Sur l’aspect financier, le rapport rappelle que la filière bois « demeure fragile, avec un fort déficit de la balance commerciale ». Il insiste aussi sur le fait évident que les financements, essentiellement publics, restent «fragiles et éparses». Le rapport ajoute en outre que leurs effets sont «marginaux au regard des besoins». C’est pourquoi il est proposé de réaliser une cartographie des dispositifs existants, leur modalités d’application et d’identifier les innovations envisageables en ingénierie financière.

Stéphane Le Foll a immédiatement réagi sur ce point en précisant « cette base de données, il faut la faire rapidement ». Il a en outre insisté sur « la nécessité d’avoir des indicateurs si on veut avancer sur les services que rend la forêt ».

La filière forêt bois doit être perçue comme un secteur porteur et innovant.

C’est ainsi que de manière conjointe, les missionnés comme le ministre ont rappelé que l’ensemble des acteurs mobilisables devaient l’être.
Les sciences économiques, humaines et sociales sont notamment inscrites au cœur de ce plan. Si la recherche technique tient une place importante, il faut absolument y inclure aussi les forces vives du monde économique pour pouvoir trouver des solutions financières cohérentes et réalisables pour soutenir la filière. De l’amont à l’aval, on peut donc rappeler que l’enjeu concerne tous les acteurs et publics, dans la mesure où sont aussi bien considérées par ce rapport des problématiques de durabilité, d’exploitation, d’innovation technologique mais aussi environnementale, de transformation ou encore des notions de compétitivité. Rappelons à toute fins utiles que la filière représente au total près de 440 000 emplois, soit près du double de l’industrie automobile. Et pour autant, la filière souffre d’une image globalement plutôt négative.

Pour Stéphane Le Foll, l’acceptabilité sociale de l’exploitation de la forêt est « un sujet de crispation à prendre en compte. Si je dis aujourd’hui que la forêt a augmenté en France, on ne me croira pas, pourtant elle a augmenté. »

Il y a donc également tout un travail de communication qui doit être réalisé, notamment auprès du grand public, pour redonner à la filière forêt-bois l’image d’un secteur innovant, performant, que ce soit d’un point de vue économique, mais aussi et surtout environnemental.

Retrouvez l’ensemble du rapport sur le site du Ministère de l’Agriculture :

http://agriculture.gouv.fr/filiere-foret-bois-le-plan-recherche-innovation-2025